Un trazo delgado en medio de la selva
À travers cette série de photographies réalisées au Mexique (un trait fin au milieu de la jungle), Brun crée une atmosphère onirique. En explorant une palette variée de tonalités grises, et de nuances subtiles entre le blanc et le noir dans ses photographies, elle nous donne à voir des personnages qui entretiennent un lien étroit avec leur environnement naturel.
Certains éléments, comme le têtard nageant entre des mains, suggèrent l’importance de tout être vivant par le geste délicat avec lequel il est porté. D’autres photographies nous relient à la beauté de l’instant, telle cette silhouette humaine qui se dessine à contre-jour, en communion avec la pluie.
Ces photographies s’annoncent comme des moments remplis de vie et de poésie, tout en évoquant des paysages suspendus hors du temps. Au cœur de la jungle, Brun écrit avec la lumière des traits infimes et nous mène à réfléchir sur le caractère éphémère de toute chose comme une métaphore de la vie elle-même.

Mezli Vega Osorno
PhD in Photography / artist
Ni naca 'ne ni reedasilú naa
Ti mani 'nasisi napa xhiaa ne riguite.
Ti ngueengue rui 'diidxa' ne riabirí guidiladi,
naca 'ti badudxaapa' huiini 'biruche dxiña cana gutoo
ti dxita bere yaase 'riza guidilade' ne rucuaani naa.
Rucaa xiee ti yoo beñe cue 'lidxe',
naca 'layú ne guirá lidxi.
Ti bandá 'gudindenecabe,
ti miati 'nalase' zuguaa chaahui'galaa gui'xhi 'ró.
Ti bacuxu 'sti nisa, sti yaga guie', cadi sti binni.
Naca 'tini bi'na' Xabizende.
Naca 'ti bereleele bitixhie'cabe diidxa' gulené.

Natalia Toledo, poétesse née à Oaxaca en 1968. 
Lo que soy, lo que recuerdo
Una libertad que retoza y no se ha hecho fea.
La sensibilidad de un loro que habla,
soy la niña que se le caen las cocadas y no las levanta,
un huevo de gallina negra me recorre y despierta.
Soy una nariz que huele el adobe de la casa de enfrente
un patio y todas sus casas.
Una fotografía regañada,
un trazo delgado en medio de la selva.
Una flor para el agua, para otras flores y no de las personas.
Soy una resina que lloró San Vicente.
Soy un alcaraván que ahogó su canto en otro idioma.
Ce que je suis, ce dont je me souviens
Une liberté qui gambade et qui ne s’est pas enlaidie.
La sensibilité d’un perroquet qui parle,
Je suis la fille qui laisse tomber ses cocadas et ne les ramasse pas,
un œuf de poule noire me traverse et me réveille.
Je suis un nez qui sent l’adobe de la maison d’en face
une cour et toutes ses maisons.
Une photographie grondée,
une mince ligne au milieu de la jungle.
Une fleur pour l’eau, pour les autres fleurs et non pour les gens.
Je suis une résine que Saint Vincent a pleuré.
Je suis un courlis qui a noyé son chant dans une autre langue.​​​​​​​

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